Kiné actualité n° 1201 du 1er juillet 2010
Cher Paul Mercy (publié dans Ka n° 1195)
Je me permets de te tutoyer car je crois encore en la confraternité des membres de notre si belle profession.
Je fais partie de ces gens qui travaillent en “dépit du bon sens et d’un esprit scientifiquement prouvé rigoureux”.
Je me suis donc formé à l’ostéopathie (appellation maladroite par rapport à sa cousine suisse étiopathie).
Je pense donc que souvent la consultation ostéopathique (non prise en charge par la sécu) est utile avant mon travail de (ré-)éducation de kiné (salarié de la sécu) pour permettre à celle-ci (la sécu) de faire des économies à long terme. En effet, les patients chroniques espacent leurs “séries de séances” depuis que je pratique l’ostéo. Vu la colère exprimée dans ton courrier vis-à-vis de nous “kinés-ostéos”, tu ne connais pas l’intérêt de l’ostéo.
- Comment traites-tu une charnière dorsolombaire sans traitement viscéral ?
- Comment traites-tu une cervicalgie chronique sans traiter les tensions crâniennes, le sacrum et les iliaques (la relation est évidente à chaque fois qu’un étirement sous-occipital déclenche des douleurs sacrées à mon patient !) ?
- Comment traites-tu une épaule chronique chez un sujet jeune non traumatique sans traiter ses dorsales hautes, son coude et ses côtes ? (En école de kiné, on l’a bien évoqué mais... pas appris à le faire).
- Comment expliquer le soulagement des maux de tête chroniques des patients lors d’un travail sur ce MRP ?
Je ne mets absolument pas ton expérience et ton talent de kiné pur et dur en doute. Loin de moi cette idée. Mais pour des kinés comme moi, déçus par leurs résultats dans les 5 ans qui ont suivi leur formation initiale, l’ostéo a permis d’offrir des soins de meilleure qualité aux patients.
Et l’interdiction du double titre serait grave, car une consultation chez l’ostéo exclusif enlèverait tous les symptômes et le patient ne verrait pas l’intérêt de faire de la kiné pour éviter leur retour : les deux sont indissociables !!! Donc merci à la FFMKR de défendre ce volet (avec un temps de retard sur les ni-ni) de notre profession à tous les deux.
Je souhaite aussi te rappeler que leur travail syndical, sur par exemple, les problèmes de revalorisation des actes conventionnels et sur la défense du monopole du massage thérapeutique te concerne plus que moi, ces deux volets n’ayant aucune action sur ma part d’activité ostéopathique.Alors cessons de nous battre, et oeuvrons dans le même sens pour défendre notre profession sous toutes ses facettes !
Salutations confraternelles, Paul.
Jean-Philippe Perrot (42)