Kiné Actualité - L'hebdomadaire d'information pour le kinésithérapeute

  « Accueil




 

AGAKAM

Kiné actualité n° 1185 du 4 mars 2010

MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES
LE TRAVAIL DE LA POSTURE DANS LA RÉÉDUCATION VOCALE ADULTE

Etudiante en 4e année d’orthophonie à l’institut G. Decroix à Lille, Audrey Abonnen effectue son mémoire de fin d’études sur le travail de la posture dans la rééducation vocale adulte. Son but est d’établir un recueil de pratiques afin de faire l’état des lieux et de dégager des perspectives concernant les moyens thérapeutiques utilisés en rééducation pour rétablir une posture adaptée lorsqu’un patient présente un trouble de la posture. Pour cela, elle réalise une enquête auprès d’orthophonistes mais aussi d’autres professionnels susceptibles de prendre en charge la posture : kinésithérapeutes, ostéopathes, psychomotriciens, posturologues, etc., au moyen d’un questionnaire anonyme qui lui permettra de recueillir des données.
Avis aux intéressés : téléchargez le questionnaire 
et envoyez-le à l’adresse mail suivante : aud.abo@hotmail.fr

questionnaire à destination des professionnels travaillant la posture.doc


L1 Paramédical ?

Contrairement à ce que peut affirmer le Pr Jacques Domergue dans le n° 1181 de Kiné actualité, les écoles d’aide des médecins (infirmières et masseurs), se sont mises en place après la guerre de 14-18 et beaucoup plus tardivement, dans la deuxième moitié du 20e siècle, pour les autres écoles d’auxiliaires de la médecine à la demande des médecins. Les pratiques de ces auxiliaires ayant été validées, promues et reconnues, voire inventées par les médecins en voie de spécialisation qui souhaitaient s’entourer d’auxiliaires pour les tâches sans risque et sans urgence. On pourrait apparenter ces activités à des "sales boulots" organisées par les professionnels. L’hétérogénéité critiquée de ces métiers est due à une division du travail médical, sachant que le champ médical s’agrandit en se divisant, conservant les tâches symboliques : la guérison des malades. Si le système actuel de la sélection présente des défauts, l’histoire a montré l’incapacité de l’Etat en 1983-1984, dans le cadre d’un "programme commun", qui avait proposé des épreuves communes de sélection à toutes ces professions auxiliaires sans tenir compte de la finalité de chaque métier. Ce fut un échec et l’on confia alors à chaque établissement, l’organisation des sélections pour chaque "discipline paramédicale", les programmes étant sous la tutelle de la Santé, donc des médecins. On n’avait pas prévu une explosion du nombre de bacheliers qui attirent des jeunes vers des métiers organisés, stables et rémunérateurs dans le cadre de la santé.

Le blocage répétitif à trois ans des études en 1969 puis en1982/1989, - car il a fallu sept ans et un rapport sur la problématique de la profession de kinésithérapeute (Heuleu-Albert) - pour que l’Etat propose et encourage en 1989, une année avant la formation commune avec les étudiants en médecine, pour que les candidats acquièrent des bases communes et scientifiques et découvrent quelques disciplines propres à la profession. Il faut se rappeler qu’une quatrième année avait été refusée par les médecins, inquiets d’une éventuelle concurrence.

En fait depuis vingt ans, la filière kinésithérapie existe dans le PCEM1. Pour les métiers de la rééducation, conçus pour répondre à l’époque, à des besoins de société, seule la kinésithérapie possède des liens historiques aussi forts avec l’ensemble du monde médical savant et ses spécialités. Le kinésithérapeute, acteur "protéiforme", exerce une activité prescrite par de très nombreuses spécialistes médicaux, ce qui explique la demande de connaissances scientifiques que le concours d’admission, vieux de 23 ans, ne peut procurer. Deux années en moyenne pour repasser le baccalauréat !!!

Actuellement deux tiers des établissements ont une convention universitaire et donnent, semble-t-il satisfaction aux étudiants, aux professionnels et aux doyens de faculté de médecine. Si le système présente parfois des défauts, c’est que l’Etat a laissé place à des dérogations qui s’apparentent parfois à des concours privés universitaires. Il suffirait bien évidemment, après une période d’adaptation, de proposer aux futurs candidats aux écoles de kinésithérapie, une filière propre dans la première année d’étude préparatoire aux études de santé qui paraît très simple à mettre en place.

Une nouvelle division du travail pour la sélection des kinésithérapeutes est une conception archaïque du monde du travail. Les passerelles sont à ce jour quasiment impossibles et les professionnels de la rééducation ne souhaitent pas devenir MPR ; ils cherchent à poursuivre des études dans leur champ, c’est-à dire, la rééducation et les sciences qui s’y rapportent. En 1973, la création du Conseil supérieur des professions paramédicales a encerclé tous les paramédicaux afin de limiter les éventuelles déviances de certains groupes et prétendre à des échanges professionnels entre eux. L’histoire, une nouvelle fois, montre que cette démarche a été un échec car les actes de chacun d’eux sont spécifiques à l’exception de quelques-uns. Le Conseil a généré une concurrence entre les groupes et les professionnels eux-mêmes, liée à des frontières imperméables. L’Etat, le politique, le corps médical ne souhaitent pas qu’une profession paramédicale possède le même socle que celui des étudiants en médecine, mais force est de constater que depuis vingt ans, le système fonctionne dans un très grand nombre d’UFR et d’universités.

Le L1 paramédical serait-il une réponse vers une nouvelle segmentation entre le diagnostic et la thérapeutique, entre officier et sous-officier ? Peut-on regrouper 14 professions voire plus, dans une seule année de sélection ? L’Etat a-t-il les moyens d’organiser cette année ? Quel plus petit dénominateur commun peut-on trouver entres tous ces métiers ?

La professionnalisation montre que les paramédicaux se rapprochent du modèle médical, mais si le médecin expert est là pour porter un diagnostic, il ne peut se passer de l’acteur de soins qui n’a, pour l’instant, jamais déclarer son désir de faire des études médicales, mais préférer s’engager dans l’espace du mouvement perturbé qui inclut le médecin, le scientifique et le metteur en œuvre dans l’intérêt d’un patient.

.Jacques Monet - Directeur de l’Aderf, Paris

KA1184 KA1183 KA1182



 
 
 
Mémoriser
Retrouvez/Changez vos codes