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Cervicalgies, l'imagerie ne doit pas être systématique

Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1580 - 28/01/2021

La Haute autorité de santé (HAS) précise les cas de cervicalgies dans lesquels un examen d’imagerie est préconisé, et ceux dans lesquels il ne l’est pas. Ces recommandations de bonnes pratiques font suite à un accord passé avec le Conseil national professionnel de radiologie et imagerie médicale après la publication d’un rapport de la Cour des comptes, en 2016, révélant une hausse importante des dépenses liées à l’imagerie.

La HAS distingue les cervicalgies d’origine traumatique et non traumatiques. Bien plus fréquentes, celles-ci évoluent spontanément dans le bon sens en 4 à 6 semaines. Un traitement symptomatique suffit généralement à calmer la douleur. L’imagerie n’est recommandée que si les symptômes persistent après 6 semaines ou en présence de drapeaux rouges :

“douleurs avec une aggravation progressive, permanente et insomniante, atteintes neurologiques, pathologies néoplasiques, pathologies inflammatoires rhumatismales, infections disco-vertébrales, complications de chirurgie du rachis ou pathologie vasculaire”, énumère la HAS. “Lorsqu’une imagerie est indiquée, l’IRM est appropriée, sauf en cas de cervicalgie commune sans radiculalgie, où une radiographie peut suffire en première intention.”

Même en cas de traumatisme cervical (“coup du lapin”), l’imagerie n’est pas toujours nécessaire. Seulement dans 5 cas, selon la HAS : chez les patients instables ou présentant des troubles de conscience ou des signes neurologiques, chez les sujets de 65 ans ou plus, si une dissection artérielle cervicale est suspectée, en cas de rachis ankylosé ou si elle est préconisée par l’une des 2 règles suivantes : Nexus ou Canadian C-Spine. Le scanner est l’examen préconisé en première intention, complété par une IRM en cas de suspicion de dissection artérielle cervicale.

Par Sophie Conrard (avec APM news)

© angelhell/Isock/Getty Images Plus

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