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L'accès direct sera testé dans 6 départements

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Sophie Conrard
- 25 octobre 2021

Les députés ont voté vendredi soir une expérimentation pour 3 ans de l'accès direct aux masseurs-kinésithérapeutes et aux orthophonistes exerçant dans une structure coordonnée, dans le cadre du PLFSS pour 2022.

Ces dispositions étaient proposées par Stéphanie Rist, députée LREM du Loiret. Dans le cadre d'une expérimentation qui doit durer 3 ans, elles sont applicables dans 6 départements (la liste n'est pas encore connue – "Les zones sélectionnées pour l'expérimentation seront préférentiellement situées en zones sous-denses, dans l'objectif de maximiser l'effet sur l'accès aux soins dans des territoires où il est plus difficile d'avoir accès à un rendez-vous médical", a expliqué le gouvernement lors des débats) où les professionnels qui exercent dans des structures coordonnées (maison de santé, CPTS…) pourront accueillir directement les patients, sans que ceux-ci n'aient à passer chez le médecin pour avoir une prescription.

Le kinésithérapeute adressera son bilan initial et un compte rendu des soins réalisés au médecin traitant, et versera ces documents dans le DMP (dossier médical partagé) du patient.

"De nombreux patients ne peuvent accéder aux soins de kinésithérapie du fait de l'absence de médecins et donc de prescripteurs. Cette absence conduit à des retards, voire des défauts de prise en charge, préjudiciables à leur santé. Elle constitue une rupture d'égalité entre les Français en matière de santé publique", a argumenté la députée. "Les soins dispensés et leur remboursement seraient conditionnés à des référentiels émis par l'assurance maladie, comme pour les actes les plus fréquemment réalisés" (entorse de cheville, lombalgie commune, LCA opéré, coiffe des rotateurs opérée, fracture du coude ou du bras…). "Un tel accès aux soins de kinésithérapie permettrait de faire des économies de temps médical, de réduire le volume de soins dispensés et donc remboursés, et de faire gagner du temps au patient dans son parcours de soins."

Lors des débats à l'Assemblée, le gouvernement a souhaité que soient écrites les références aux différents types de structures d'exercice coordonné : "L'expérimentation sera menée préférentiellement dans les centres de santé et les maisons de santé pluridisciplinaires, mais pourra également se dérouler dans le cadre des CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) répondant aux conditions qui seront fixées par décret."

Cette version du texte n'est pas gravée dans le marbre. L'Assemblée nationale votera l'ensemble du PLFSS 2022 demain, après quoi le texte partira au Sénat, puis reviendra à l'Assemblée pour son vote définitif.

Réaction de la FFMKR

"Cela va dans le sens de ce que l'on porte depuis longtemps, on peut s'en réjouir. Mais je reste très réservé quant au décret qui encadrera l'expérimentation. Si c'est pour faire une nouvelle usine à gaz (comme les protocoles de coopération sur la lombalgie et l'entorse de cheville, qui sont tellement complexes à mettre en place au sein des maisons de santé qu'ils ne sont quasiment pas appliqués !), cela ne marchera pas. Si les modalités sont inopérantes, l'expérimentation n'aboutira pas… et on dira que l'accès direct en kinésithérapie, ça ne marche pas !", craint Sébastien Guérard, président de la FFMKR.

(avec APM news)

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