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Les syndicats ont quitté la table des négociations conventionnelles hier soir

©Janista

Sophie Conrard
- 14 avril 2022

Hier était prévue la 4e (et peut-être dernière) séance de négociations conventionnelles entre les syndicats de kinésithérapeutes et l'assurance maladie, en vue d'un avenant 7 à la convention. La proposition de Thomas Fatome étant largement en-deçà des attentes de la profession, les syndicats l'ont refusée.

"La balle est maintenant dans le camp des syndicats", selon le directeur de l'assurance maladie, qui affirme que "sa porte reste ouverte". Sauf qu'aucun des 3 syndicats (Alizé, FFMKR, SNMKR) n'oserait signer un avenant qui apporte aussi peu aux kinésithérapeutes, au risque de se mettre toute la profession à dos ! Ils ont déclaré hier soir qu'ils ne reprendraient les négociations "que lorsque la Cnam sera en capacité de préserver le pouvoir d’achat des kinésithérapeutes".

Les kinésithérapeutes n'ont eu aucune augmentation de leur lettre-clé depuis plus de 10 ans, ce qui a conduit à "une érosion substantielle de leur pouvoir d'achat", rappellent les 3 syndicats dans un communiqué commun diffusé hier soir. Pour eux, "l'assurance maladie n'a pas pris la mesure des enjeux" de ces négociations.

L'augmentation des AMS (principale mesure de revalorisation contenue dans le projet d'avenant 7 à ce stade) proposée hier par Thomas Fatome est presque insignifiante : 64 centimes – et encore : elle serait appliquée en plusieurs étapes.

"La kinésithérapie est pourtant une discipline au carrefour de nombreux enjeux de santé publique. La prévention de la perte d’autonomie, le développement des pathologies chroniques, la qualité de vie de travail, la lutte contre la sédentarité et les conduites addictives sont autant de sujets sur lesquels notre profession est engagée", argumentent les syndicats, déçus que l'assurance maladie considèrent tout cela "comme un coût" plutôt que comme "un investissement pour l'avenir".

En échange d'une revalorisation significative, les syndicats se sont toujours montrés "ouverts à la discussion sur l’évolution du zonage, la maîtrise démographique et la refonte de la nomenclature", ce qui aurait dû convaincre la Cnam.

Principal syndicat représentatif des kinésithérapeutes, la FFMKR mène actuellement un intense lobbying auprès de tous les acteurs concernés, mais "il est peu probable que les choses bougent avant le second tour de l'élection présidentielle", expliquent Sébastien Guérard, président de la Fédération et Thomas Prat, secrétaire général en charge de la vie conventionnelle, qui participent aux négociations.

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