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pour les kinésithérapeutes

Colloque sur l'accès direct : venez débattre !

Sophie Conrard
- 20 mai 2022

Le Collège de la masso-kinésithérapie organise, le 16 juin à Montpellier, son 3e colloque, sur le thème de l'accès direct. Un thème d'actualité.

« Il est vrai que les négociations sont toujours en cours et que nous sommes confrontés à une certaine opposition de la part des médecins, en particulier le Collège de médecine générale », tempère Éric Pastor, président du CMK. Mais c'est une question de temps : l'accès direct, c'est pour demain ! « La porte est déjà entrouverte, avec les expérimentations autour de l'entorse de cheville et la lombalgie. J'invite tous nos confrères à se projeter à long terme (je dirais 3 à 5 ans), même si le climat actuel n'est pas propice au rêve, car l'accès direct est la première marche qui nous conduira vers le statut de profession médicale à compétences définies. Voilà qui nous permettra d'améliorer notre position dans le système de santé publique et, en parallèle, d'obtenir une revalorisation de nos actes. »

Ce colloque est ouvert à tous les kinésithérapeutes, quel que soit leur parcours, leur âge ou leur mode d'exercice.

Avec ce colloque, l'objectif du Collège est de « contribuer au débat » sur les modalités dans lesquelles pourrait se déployer l'accès direct aux cabinets de masso-kinésithérapie. « Nous commencerons vraisemblablement par mettre en lumière les obstacles se dressent encore sur notre route. Par exemple, un jeune kinésithérapeute dispose-t-il des compétences nécessaires au moment où il sort diplômé de son IFMK ? Sinon, quel complément peut-on lui demander ? Et que faire de tous les confrères diplômés depuis 15 ans ou plus : doit-on les exclure de l'accès direct ? (évidemment non) », énumère le président du Collège.

Sur le plan juridico-administratif, quelles stratégies la profession va-t-elle choisir ? Lors d'une première table ronde, le matin, « nous évoquerons notamment le récent rapport de l'Igas [1] qui formule différentes recommandations ».

Débattre sans langue de bois

Il ne sera pas facile de convaincre les tutelles « mais elles tendent l'oreille lorsque nous leur expliquons que l'accès direct pourrait permettre de répondre à certains besoins de soins et de réduire les délais d'accès aux soins dans les déserts médicaux », note Éric Pastor. Le plus dur sera d'obtenir un financement de la part de l'assurance maladie. « Nous aurions pu inviter à ce colloque des institutionnels, mais nous n'avions pas envie qu'ils pratiquent la langue de bois. Aussi avons-nous préféré rester entre nous pour aborder le sujet sans tabou », précise-t-il.

Pour recruter les intervenants, « nous avons notamment pu nous appuyer sur le réseau de Nicolas Pinsault, enseignant chercheur à l'université Grenoble Alpes, qui fédère beaucoup de monde sur l'accès direct dans cette région. Dans son laboratoire, il côtoie par exemple la doctorante Amélie Kéchichian, qui travaille sur les protocoles de coopération. Anthony Demont, kinésithérapeute et doctorant en santé publique, nous a mis en relation avec son directeur de thèse, le québécois François Desmeules, Professeur agrégé à l'école de réadaptation de l'Université de Montréal », explique Éric Pastor.

Michel Gedda, directeur de l'IFMK de Berck-sur-Mer, évoquera le diagnostic kinésithérapique et « démontrera que nous pouvons prendre des patients en accès direct ». Un peu plus tard dans l'après-midi, Pascal Gouilly, président du syndicat national des IFMK (SNIFMK), y fera écho en présentant les modules de formation qui traitent du diagnostic lors des études de masso-kinésithérapie. « Les compétences, nous les avons ! Peut-être pas sur toutes les pathologies, donc il ne faudrait pas que nous soyons trop gourmands en réclamant l'accès direct pour toutes les pathologies que nous rencontrons habituellement dans nos cabinets. Il est normal que l'assurance maladie ait besoin de chiffrer et anticiper les dépenses », estime le président du CMK.

La profession est prête

Ce colloque s'inscrit par ailleurs dans la droite ligne du précédent, en juin 2019, qui portait sur les drapeaux rouges. « Aujourd'hui, ceux-ci sont bien enseignés en IFMK. Mais la question se pose pour les confrères qui ont plus de 10 ans d'ancienneté, d'autant plus qu'une majorité de kinésithérapeutes ne les utilisent pas régulièrement. Pour mettre à jour leurs connaissances, le livret édité par le CNOMK est une bonne source d'informations. »

L'accès direct est pour Éric Pastor « le pivot d'un nouveau mode de fonctionnement », « une étape capitale vers un changement de paradigme ». « On passerait du kiné à l'ancienne qui effectue un volume d'actes important par patient à un autre modèle, où le kinésithérapeute recevrait les patients en accès direct, pratiquerait un diagnostic, les réorienterait si besoin et effectuerait (probablement) un nombre limité de séances pour les pathologies concernées », détaille le président du Collège.

En pratique

Le 16 juin à Montpellier

3e Colloque du Collège de la masso-kinésithérapie (CMK)

Thème : Tous prêts pour l'accès direct ?

Rens. et inscription (gratuite) ici

Collations offertes

Consultez le programme ici

Le colloque sera diffusé en direct sur Youtube et disponible en replay.             

 

[1] Lire aussi Ka n°1611 p. 8.

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