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pour les kinésithérapeutes

21es Assises de la kinésithérapie «En 2024, une santé olympique pour tous avec les kinésithérapeutes !»

Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1650 - 21/03/2024

Alors que Paris accueillera les Jeux olympiques et paralympiques cet été, la FFMKR consacre son prochain congrès au rôle des kinésithérapeutes en santé publique et dans le déploiement de l'activité physique pour tous. C'est le meilleur outil de prévention, à tout âge et pour tous les profils.

On rentrera dans le vif du propos avec Franck Chauvin, ancien président du HCSP (Haut conseil de la santé publique), sur “l’activité physique, enjeu de santé publique”. Spécialiste de la prévention en cancérologie, c’est un spécialiste de la prévention et des questions de santé publique. Il a créé le Centre Hygée, plateforme de santé publique du cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes, dédié à la prévention des cancers, et a participé à la création de l’Institut universitaire de prévention et de santé globale (Présage) au sein de l’université Jean Monnet de Saint-Étienne. Professeur de santé publique dans cette université et directeur de la prévention et de la santé des populations au CHU de Saint-Étienne, il dirige l’équipe Préducan (prévention, éducation en cancérologie) du Centre d’investigation clinique de l’Inserm de la ville. Il a été membre de plusieurs conseils scientifiques au sein d’instances telles que la Ligue nationale contre le cancer ou l’Inpes, et a participé à l’élaboration de plusieurs plans ou nationaux concernant la santé publique : prévention des comportements à risque de cancers, plan cancer 3, démocratie sanitaire an II, plan d’amélioration de la qualité de vie des maladies chroniques, plan maladies rares, GHT et santé publique, Stratégie nationale de santé, etc. “Son intervention nous permettra de poser les bases et le contexte pour la suite de ces journées”, explique Sébastien Guérard.

Le kinésithérapeute dans son domaine d’expertise
Viendra ensuite une table ronde intitulée “De la perte d’autonomie au sport de haut-niveau, des premiers jours aux derniers : les kinésithérapeutes sur tous les terrains, à tous les âges de la vie”. “L’objectif sera de recueillir l’expérience et l’expertise de kinésithérapeutes et acteurs du sport santé de terrain, afin d’avoir un tour d’horizon des compétences de la profession et des freins qui empêchent celles-ci de pleinement se déployer : l’accès direct, qui n’existe que de façon très marginale, et la possibilité de prescrire de l’Apa en primo-prescription”, détaille le président de la FFMKR. Participeront à cette discussion Alexandre Rambaud, directeur de l’IFMK de Saint-Étienne et membre du conseil d’administration de la SFMKS (Société française des masseurs-kinésithérapeutes du sport), un athlète handisport, Élie Patrigeon, directeur du comité paralympique français, ainsi qu’un kinésithérapeute spécialiste du grand âge, probablement France Mourey ou Alexandre Kubicki, ainsi que Patrick Gasser, président de Avenir Spé -

Le Bloc.

Suivra une conférence sur “le kinésithérapeute, expert de l’évaluation des capacités fonctionnelles et de la coordination”, qui sera vraisemblablement confiée à Damien Olivon, président de la KFCoor (Fédération des kinésithérapeutes coordonnateurs) et délégué de la FFMKR chargé de la promotion du kinésithérapeute coordonnateur, de l’autonomie et du bien-vieillir. “L’idée est de mettre l’accent sur les compétences des kinésithérapeutes en matière de coordination des professionnels de la rééducation et de la réadaptation, notamment en Ehpad et en HAD. Nous mettrons également en avant leur rôle auprès des publics présentant des problèmes de santé complexes. Et nous insisterons sur la notion de bilan et sur les enjeux liés au bien vieillir”, poursuit Sébastien Guérard.

En pratique

Les 31 mai et 1er juin
Au Puy-du-Fou (Vendée)
21es Assises de la kinésithérapie
Suivies du congrès annuel de la FFMKR le 2 juin.
Rens. et inscription : Clémence Le Nair
01 44 83 46 10
c.lenair@maisondeskines.com

Lever les derniers freins
La FFMKR présentera ensuite les résultats d’une grande enquête qui sera menée au printemps auprès de la profession : “Nous aimerions identifier et mesurer les freins aux changements de comportement qui empêchent certains confrères de réorganiser leur temps de travail, par exemple, et de saisir certaines opportunités qui se présentent à nous. Par exemple, pendant la crise sanitaire, nous avons eu l’occasion de réaliser des tests PCR sur nos patients qui en auraient eu besoin. C’était bien rémunéré. Pourtant, très peu de kinésithérapeutes l’ont fait. Je pense que l’une des raisons pour lesquelles la profession ne s’implique pas plus en prévention, pour l’instant, c’est par réticence à réorganiser sa façon de travailler”, estime le président de la FFMKR.

Deux ateliers sont donc prévus, lors de ces Assises, le premier pour aider les kinésithérapeutes à s’organiser au quotidien pour développer de nouvelles missions, au-delà de leur activité conventionnée (actions de santé publique, de prévention à l’école, en entreprise, au sein d’associations, de prévention dans le cadre de l’éducation thérapeutique du patient, du sport santé, etc.), le second pour leur apprendre à identifier les ressources disponibles pour leur permettre, localement, de porter des projets d’activité physique adaptée.

Le samedi matin démarrera par une table ronde sur les moyens nécessaires pour développer l’Apa sur tout le territoire : le cadre d’exercice, la formation, les investissements, les nouveaux financements nécessaires pour accompagner ces changements… “L’objectif est d’identifier les moyens à la disposition des kinésithérapeutes et des pouvoirs publics pour mieux développer les dispositifs d’Apa. Je crois par exemple que la profession ne se saisit pas assez des URPS (unions régionales des professions de santé) ni des structures d’exercice coordonné, qui sont propices au déploiement d’actions diverses”, souligne Sébastien Guérard. Parmi les intervenants, sont invités un représentant de la Mutualité Française, un chercheur en économie de la santé, des parlementaires (Jean-Carles Grelier, député de la Sarthe, a confirmé sa présence) et Annabelle Grousset, présidente de l’Union nationale des maisons sport santé (UNMSS), avec laquelle la FFMKR a récemment signé une convention (lire Ka n°1647 p. 8-9).

Un congrès scientifique

En parallèle de ces Assises, le Cevak (Cercle d’études Vendée-Atlantique de kinésithérapie) organise une journée de congrès le 1er juin. Le thème : “La kinésithérapie autour du patient acteur de sa santé”. Au programme : des présentations sur l’entretien motivationnel, l’autonomisation du patient douloureux, l’évaluation des capacités fonctionnelles d’un patient, l’éducation thérapeutique et le sport santé, l’intérêt des outils numériques pour l’autonomisation et le suivi du patient, etc.

Rens. et inscription : secretariat@ffmkr85.org ou 02 51 47 95 95

Une occasion inespérée de franchir un cap
“Avec les Jeux olympiques et paralympiques ‘à la maison’, c’est le moment ou jamais pour que la profession commence à déployer de façon massive le meilleur outil de prévention qu’on connaisse : l’activité physique. Rappelons que le contexte démographique est inquiétant : la population vieillit à vitesse grand V, ce qui s’accompagne d’une explosion des maladies chroniques. En parallèle, nos modes de vie sont globalement de plus en plus sédentaires, ce qui favorise aussi les maladies chroniques. L’enjeu, c’est d’amener l’ensemble de la population à se bouger. Et la pierre angulaire de ce changement, c’est le kinésithérapeute.

Il est là pour accompagner tout le monde, tous les profils, y compris les personnes porteuses de handicap, celles qui vieillissent ou encore les malades chroniques. L’activité physique, le mouvement, c’est notre cœur de métier. Nous sommes les professionnels qui font le lien entre le sport de haut niveau, le sport paralympique et l’activité physique adaptée.” Ce changement de mentalités (à l’école, au travail, etc.) ne va pas de soi : “Il faut renverser la table. On revient de loin ! Quand quelqu’un se blessait ou perdait une part de son autonomie en vieillissant, on lui conseillait de rester au repos et on adaptait son environnement pour qu’il en fasse le moins possible !

Aujourd’hui, les choses ont changé : à son niveau, chacun doit devenir un athlète de haut niveau, y compris les patients âgés”, insiste le président de la FFMKR.

Cerise sur le gâteau : ces Assises se dérouleront dans un lieu exceptionnel, le parc du Puy-du-Fou, que les participants auront la possibilité de visiter. Ils pourront également assister à deux soirées spectacles, “Les noces de feu” et “La cinéscénie”.

NDLR : à l’heure où ce journal a été bouclé, certains intervenants devaient encore confirmer leur présence.

© xijan/Istock/Getty Imagesplus

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