Apnée du sommeil : une appli mobile va permettre de la dépister à la maison
Sophie CONRARD
- 9 janvier 2026
Les examens pour détecter une apnée du sommeil sont habituellement contraignants et coûteux. Une appli que chacun peut utiliser chez soi pourrait bien changer la donne.
Elle a été développée par la société Apneal et présentée lors du dernier Congrès du sommeil à Strasbourg, le mois dernier. Elle utilise les capteurs intégrés dans la plupart des smartphones (plus de 95 % des appareils sont déjà compatibles). Ces capteurs (accéléromètre, gyroscope et microphone) capturent des données, notamment les mouvements, les patterns respiratoires, les sons nocturnes et les vibrations thoraciques liées aux battements cardiaques.
Concrètement, le smartphone est maintenu en place sur le torse du patient à l'aide d'un bandage adhésif doux et respirant, disponible dans toutes les pharmacies (voir photo ci-dessus). Cette configuration garantit son confort et lui permet de dormir naturellement dans n'importe quelle position. Le téléphone reste en mode avion. Pour le patient, c'est beaucoup moins stressant qu'une nuit dans un centre du sommeil, un hôpital ou une clinique, le corps bardé de capteurs.
Ensuite, les données enregistrées sont analysées pour générer un rapport facile à comprendre, qui donne des informations détaillées sur la qualité du sommeil, les patterns respiratoires et les événements détectés. Pour les professionnels de santé, c'est un bon outil pour dépister en première ligne l'apnée du sommeil, au domicile du patient, en conditions réelles, et démarrer rapidement une prise en charge adaptée.

Apneal fait actuellement l'objet d'une étude clinique européenne à grande échelle impliquant plus de 1 000 patients dans 20 centres en France, en Allemagne et en Espagne. Sa précision est en cours de validation par rapport à la polysomnographie. Les résultats préliminaires sont prometteurs.
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Rappel Les troubles respiratoires pendant le sommeil, dont l'apnée du sommeil, touchent plus de 900 millions de personnes dans le monde. Non traités, ces troubles augmentent jusqu'à 5 fois le risque de maladies graves, telles que les maladies cardiovasculaires. |