Pasteur contre Trump
Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1691 - 12/02/2026
Je ne dis pas que la France est en voie de “trumpisation” mais je vous invite, dans les mois à venir, à garder en tête ces deux éléments : d’une part, ce qui se passe aux États-Unis ne reste pas aux États-Unis ; d’autre part, aux États-Unis, Donald Trump a mis la main sur la santé publique extrêmement vite. Sur ce point, je vous recommande la lecture de la newsletter publiée le 23 janvier [1] par “The French Virologist”, alias Océane Sorel, Docteur en virologie et immunologie installée là-bas. Certaines thématiques comme l’immunologie, les vaccins ou encore la santé des femmes sont désormais interdites dans les projets de recherche publics. Les États-Unis se sont retirés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), laissant une ardoise de 260,6 millions de dollars (qui correspond à leurs contributions obligatoires pour l’exercice 2024-2025). Sous prétexte que les vaccins provoqueraient l’autisme, l’administration Trump ne recommande plus la vaccination universelle pour les enfants (hépatite A et B, méningocoques, grippe, rotavirus). Et j’en passe.
Le 28 janvier, l’Institut Pasteur a pris la peine de publier un communiqué pour réagir aux attaques de l’administration Trump sur la médecine. Ses termes sont très virulents. Il dénonce “une atteinte grave à la protection de la santé des populations et une attaque sans précédent contre les systèmes et institutions responsables de la protection de la vie humaine”. Il estime que ces attaques vise à “affaiblir la recherche biomédicale et l’action de santé publique”.
Il affirme que l’administration Trump “propage des mensonges” et fait primer l’idéologie sur la vérité scientifique, “au mépris de toute considération pour la vie humaine et la santé des personnes”. À méditer !
[1] “Gros bazar à Washington : la santé publique en péril.” thefrenchvirologist.substack.com