Interpro : point d'étape sur les Escap
- 6 avril 2026
L'Escap (équipe de soins coordonnée avec le patient) est un nouveau dispositif de coordination des soins, en phase d'expérimentation. Destiné à 4 types de patients complexes, il offre une réponse supplémentaire pour coordonner et optimiser leur prise en charge par les professionnels de santé de ville et hospitaliers. Les représentants de l'Union nationale des professions de santé (UNPS) avaient rendez-vous le 1er avril avec l'assurance maladie pour un comité de suivi de l'Acip (accord cadre interprofessionnel) pour faire un point d'étape sur cette expérimentation.
Elle a démarré le 24 mars 2025, pour une durée de 3 ans. L'objectif est de tester, faire connaître et promouvoir "cette nouvelle forme de coordination entre professionnels de santé, centrée sur le patient et accessible à tous les professionnels de santé", explique Mathilde Guest, directrice générale de l'UNPS, qui a participé au comité de suivi à la Cnam le 1er avril. L'expérimentation cible 4 situations cliniques : les patients polypathologiques chroniques de plus de 65 ans, les patients en soins palliatifs, les patients ayant fait un AVC et ayant été hospitalisés il y a moins d’un an et les patients diabétiques (type 1 et 2) sous insuline.
Des outils numériques pleinement opérationnels
Tous les professionnels de santé peuvent intégrer l'expérimentation. Une Escap en compte au moins 3, dont le médecin traitant du patient (ou un médecin spécialiste hospitalier). Elle démarre par le remplissage d'une grille d'inclusion, par n'importe quel professionnel de santé qui a en charge le patient. Pour remplir cette grille et communiquer entre eux, les professionnels utilisent une application numérique. "Il existe aujourd'hui 2 outils nationaux (Globule et Citana) et plusieurs outils régionaux (Monsisra en Auvergne Rhône-Alpes, NormUni en Normandie, Paaco Globule en Nouvelle Aquitaine…), qui sont déjà largement utilisés par les CPTS", explique Mathilde Guest. Les membres d'une même Escap sont libres du choix de leur outil mais doivent tous utiliser le même.
Le déploiement de ces outils a grandement facilité le déploiement des Escap depuis quelques mois. "La prochaine étape est maintenant de communiquer au maximum pour informer tous les professionnels de santé, afin de leur donner envie de s'emparer du dispositif. Cela passera notamment par l'envoi d'un courrier osmose par l'assurance maladie", annonce Mathilde Guest. "De notre côté, nous nous tenons prêts à organiser des webinaires d'information et d'accompagnement pour les professionnels." Plusieurs ont déjà été organisé, avec un succès certain : le 2 avril, plus de 250 personnes ont participé à un webinaire en Auvergne Rhône-Alpes !
Un premier bilan de l'expérimentation est prévu dans 6 mois.
Le financement pour les professionnels
L'expérimentation prévoit un financement de 100 € par an et par professionnel de santé pour l'acquisition et l'utilisation de l'outil numérique, et 100 € par an et par professionnel pour la participation à un minimum de 5 Escap. La participation à des Escap permet par ailleurs de valider l'item "exercice coordonné" pour le Fami (forfait d'aide à la modernisation et à l'informatisation du cabinet). La facturation se fait via les logiciels métier de chaque membre de l'équipe, grâce à une lettre-clé spécifique.
Retrouvez tous les infos sur les Escap sur le site de l'UNPS
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L'UNPS L’Union nationale des professions de santé (UNPS) est l’instance qui représente les professionnels de santé libéraux collectivement dans les discussions avec l’assurance maladie. Elle a pour mission de négocier avec elle l’accord-cadre interprofessionnel (Acip), socle commun à ces professions, qui s’applique aux médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, biologistes, pharmaciens d’officine, transporteurs sanitaires, infirmières, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues et audioprothésistes. |