Inclusion : on peut toujours mieux faire
Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1697 - 07/05/2026
En décembre 2025, j’ai été marquée par ma rencontre avec Manon Altazin, une kinésithérapeute sourde profonde de naissance, qui m’avait raconté le parcours du combattant qu’elle a affronté pour se former à son futur métier : enseignants qui parlent le dos tourné, ce qui l’empêche de lire sur leurs lèvres, manque de financement pour obtenir les aides auxquelles elle aurait droit pour prendre des notes, camarades de prépa qui lui donnent des notes caviardées parce qu’elle n’est qu’une adversaire parmi d’autres au concours… À l’époque (il y a un peu plus de 10 ans), les IFMK qu’elle sollicite pour sentir si elle y serait bien accueillie tentent de la dissuader de se lancer dans ce cursus, qu’ils estiment hors de sa portée. Elle a finalement trouvé une école accueillante en Belgique, puis est revenue exercer en France. Si la profession est depuis toujours liée aux déficients visuels, qui représentent quelque 2 % de ses effectifs, comment intègre-t-elle les autres types de handicaps ?
L’inclusion est-elle désormais de mise en IFMK ? Les choses se sont-elles améliorées depuis 10 ans ? Comment se déroule le parcours des étudiants porteurs d’un handicap moteur, sensoriel ou cognitif, visible ou invisible, ou encore d’une maladie chronique invalidante ?
Coïncidence : au moment où nous nous posions la question, la Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie menait une enquête sur le même sujet auprès des 54 IFMK de France, dont elle a publié les résultats le 20 avril. Nous l’évoquons dans notre dossier (lire p. 14 à 17). Le constat est encourageant, même s’il demeure des axes d’amélioration. Et surtout, chaque parcours est singulier. Bonne lecture !