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Première édition des Assises de la ménopause : des mesures pour mieux accompagner et informer les femmes

©Chee Siong Teh

Sophie CONRARD
- 2 novembre 2026

Le 15 octobre étaient organisées les premières Assises de la ménopause, sous l'égide du ministère de la Santé. La ministre Stéphanie Rist a annoncé "13 mesures pour améliorer l'information, la prévention et la prise en charge des femmes concernées". Cela passera notamment par la formation des professionnels de santé.

Ces assises étaient organisées parce qu'aujourd'hui encore, la ménopause demeure "un impensé collectif. Impensé pour nos politiques, pour nos entreprises et pour le combat féministe", a rappelé la ministre de la Santé dans son discours. "La ménopause peut être une période de liberté, d’épanouissement et de nouveaux équilibres. Mais pour cela, nous devons donner à chaque femme les moyens de la vivre dans les meilleures conditions. Trop longtemps, elle est restée un sujet tabou, insuffisamment pris en compte dans notre système de santé et dans notre société. Avec ces Assises et les mesures que nous avons annoncées, nous voulons changer le regard porté sur la ménopause, mieux informer les femmes et leur garantir un accompagnement adapté à leurs besoins", a déclaré Stéphanie Rist à l'issue de cette journée.

Rappelons d'abord quelques chiffres : "En France, 17,2 millions de femmes sont concernées par la ménopause, soit près d’un quart de la population. Mais seules 51 % déclarent être bien informées sur le sujet et 61 % des femmes concernées indiquent n’avoir jamais reçu d’information d’un professionnel de santé. La ménopause demeure également un sujet difficile à aborder pour 57 % des femmes, alors même qu’elle peut avoir des conséquences importantes sur leur qualité de vie, leur santé et leur parcours professionnel", rappelle le ministère dans un communiqué diffusé après cet évènement. 49 % des femmes déclarent une altération importante de leur qualité de vie, selon les premiers résultats du projet de recherche Climatère [1] dévoilés à cette occasion.

Ces premières Assises de la ménopause, qui ont rassemblé professionnels de santé, chercheurs, associations, créateurs de contenu et acteurs du monde du travail, "marquent une nouvelle étape dans la reconnaissance de la ménopause comme un enjeu de santé publique et de société", selon Stéphanie Rist. Trois grandes thématiques ont été abordées : lever les tabous et mieux informer, garantir une prise en charge accessible et adaptée, et accompagner la ménopause au travail.

Lutter contre la désinformation et les remèdes miracles

"Face à ce constat, le Gouvernement engage plusieurs mesures concrètes pour mieux informer les femmes, améliorer leur parcours et reconnaître les conséquences sociales et économiques de la ménopause. Pour mieux informer et lutter contre la désinformation, une campagne nationale de sensibilisation sera lancée dès janvier 2027 par Santé publique France, en partenariat avec Mesdames Productions. 10 vidéos courtes aborderont 10 dimensions très concrètes de la périménopause et de la ménopause", a annoncé Stéphanie Rist. Un espace dédié à la ménopause est d'ores et déjà disponible sur Santé.fr. Un "guide de bonnes pratiques destiné aux créateurs de contenu pour favoriser la diffusion d’informations fiables" est prévu, ainsi qu'un "guide de communication à destination des acteurs publics".

Déplorant que "le vide informationnel" est souvent rempli par "des remèdes miracles, des affirmations invérifiables, de faux professionnels, des contenus commerciaux qui dépassent le discours du bien-être et des propos anxiogènes", Stéphanie Rist a annoncé qu'elle menait "actuellement des travaux sur la désinformation en santé", auxquels "la ménopause sera pleinement intégrée".

Des recommandations HAS en 2027

Pour améliorer la prise en charge des femmes, la Haute autorité de santé (HAS) doit publier début 2027 des recommandations, qui "seront largement diffusées auprès des professionnels de santé et intégrées aux priorités de leur formation continue", précise la ministre. "Elles seront déterminantes pour transformer concrètement les pratiques dans les cabinets, les consultations et les formations." Sophie Gehin, cheffe du service des bonnes pratiques à la Haute Autorité de santé, en a dit un mot le 15 octobre. La HAS a par ailleurs été saisie pour savoir dans quelles conditions les sages-femmes pourraient être autorisées à prescrire des traitements hormonaux de la ménopause.

©Milan_Jovic

Stéphanie Rist entend par ailleurs "engager un mouvement de fond" en misant sur la formation des professionnels. "La ménopause sera intégrée parmi les orientations prioritaires de la formation continue des professionnels. Et nous veillerons à leur diffusion auprès de l’ensemble des Unités de Formation et de Recherche en Santé. À la fin, chaque professionnel ne deviendra pas spécialiste de la ménopause. Mais chaque professionnel devra pouvoir écouter, répondre et, lorsque cela est nécessaire, orienter", promet-elle.

Si les sages-femmes et médecins sont particulièrement concernés, les kinésithérapeutes le sont aussi : "Depuis septembre, ils sont autorisés à prescrire certains traitements locaux non hormonaux : je pense aux hydratants et lubrifiants", a-t-elle rappelé.

Le ministère évoque aussi le dispositif "Mon Bilan Prévention", proposé notamment pour la tranche d'âge 45-50 ans, qui doit être renforcé pour mieux informer et orienter les femmes.

Faire de la ménopause "une responsabilité collective"

Stéphanie Rist a par ailleurs missionné le Haut-commissariat à la stratégie et au plan pour étudier le coût social et économique du manque d'information, d'accompagnement et de prise en charge de la ménopause, à la fois du côté des femmes, des employeurs et de la société. Au-delà du coût, il s'agit de savoir "tout ce que les femmes, les employeurs et la société ont à gagner en considérant la ménopause". Les résultats de l'étude seront présentés lors des prochaines Assises de la ménopause en 2027.

"Aujourd'hui, la réponse dépend trop souvent de la capacité de chaque femme à se débrouiller seule. À elle de comprendre ce qui lui arrive. À elle de démêler des informations parfois contradictoires. À elle de rencontrer le bon professionnel. À elle de trouver souvent seule les mots pour en parler dans sa vie intime ou professionnelle. (…) Ces mesures dessinent un nouveau chemin : pour passer du silence à une information plus accessible, d’un parcours subi à un parcours plus organisé et d’un sujet renvoyé à chaque femme à une responsabilité plus collective", a conclu la ministre.

[1] Climatère est un projet de recherche au long cours visant à fournir des informations de santé publique concernant la santé des femmes pour mieux appréhender leurs besoins et gérer leurs attentes en termes d’accompagnement, de soins mais aussi à développer des outils spécifiques et personnalisés pour la prévention en santé. Avec l’augmentation de l’espérance de vie en France, de plus en plus de femmes vivent une part significative de leur vie après la ménopause. Cela nécessite une meilleure compréhension des impacts en santé à long terme.

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