Le plan du ministère pour lutter contre le "poison mortel" de la désinformation en santé
Sophie CONRARD
- 3 novembre 2026
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a présenté le 21 octobre plusieurs mesures visant à lutter contre la désinformation en santé.
"La désinformation en santé est un lent poison mortel. C'est l'une des principales menaces pour notre santé publique." C'est par ce constat dramatique que Stéphanie Rist a démarré son discours le 21 octobre, avant d'annoncer différentes mesures pour lutter contre ce fléau : la création d'un observatoire de la désinformation en santé, la mise en place d'un dispositif d'infovigilance et des outils de sensibilisation pour le grand public.
Une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé a été lancée le 12 janvier 2026. "Elle poursuit 3 objectifs : mieux comprendre les mécanismes de la désinformation, renforcer la capacité des citoyens à identifier les informations fiables et apporter des réponses rapides, fondées sur la science", explique le ministère, qui a mené une consultation avec l'institut Harris pour mesurer l'exposition des Français aux fausses informations et les conséquences sur leurs comportements en santé. En mars 2026, 2 061 personnes âgées de 15 ans et plus ont été interrogées.
"Les résultats révèlent une exposition massive des Français à la désinformation en santé : 91 % ont déjà été exposé à des informations fausses ou trompeuses en la matière. 38 % disent qu'ils y sont confrontés au moins 1 fois par mois. 42 % trouvent qu'il est difficile de trouver des informations fiables et 34 % ne savent pas comment vérifier une information", énumère le ministère. Les jeunes sont les plus exposés : "74 % ont déjà cru une fausse information en santé."
L'observatoire de la désinformation en santé aura pour mission d'identifier les fausses informations en santé, comprendre leurs mécanismes de diffusion et anticiper les risques qu'elles représentent pour la santé publique. "Un conseil scientifique adossé au Haut conseil de la santé publique (HCSP) garantira la rigueur méthodologique, la transparence et la crédibilité de ses travaux", affirme le ministère, qui assurera par ailleurs une veille pour "détecter les fausses informations et organiser la riposte".
Des outils pédagogiques pour le grand public
Le ministère lance "Le check up", une chaîne Tik Tok qui "proposera des vidéos courtes et accessibles dans lesquelles des professionnels de santé décryptent les fausses informations, expliquent les connaissances scientifiques et répondent aux idées reçues". L'idée est de rendre l'information en santé plus visible, en particulier auprès des jeunes. Sur le site Santé.fr, un quiz sera proposé pour aider les gens à identifier les fausses informations et comprendre les biais cognitifs.
De manière générale, le ministère de la santé encourage chacun à adopter ces réflexes : "vérifier les sources, croiser les informations, privilégier les sources reconnues et demander conseil à un professionnel de santé".
"La lutte contre la désinformation, dans tous les domaines, est l'un des défis du siècle", a conclu Stéphanie Rist.