Un mail qui dérange (ou pas)
Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1695 - 09/04/2026
Comme 2 millions de Françaises âgées de 40 à 45 ans, j’ai reçu fin mars un message de sensibilisation de l’assurance maladie sur la ménopause et la périménopause. Certaines de mes copines l’ont très mal pris et vécu comme une intrusion dans leur vie privée, un rappel pénible de la phase (non moins pénible) de leur vie dans laquelle elles se trouvent – ou pas encore, d’ailleurs. De mon côté, aucun problème : je trouve ça très bien qu’on parle de prévention et de santé au féminin ! Je n’ai pas jugé cette démarche intrusive de la part de l’assurance maladie. Il y a quelques mois, elle m’envoyait un mail au sujet des rappels vaccinaux à faire à 45 ans : bonne idée car je n’y aurais jamais pensé toute seule ! J’ai ressorti mon carnet de santé du placard (avec un peu d’émotion, je dois le dire) pour voir où j’en étais et fait les rappels nécessaires.
“Je n’étais pas prête” (à ce qu’on me parle de ma ménopause alors que je suis encore jeune), argumentent certaines. Personnellement, c’est à affronter le cortège insidieux de symptômes de la périménopause que je n’étais pas prête ! Brouillard mental, difficultés de concentration, réveils nocturnes, troubles digestifs, douleurs articulaires mystérieuses, variations d’humeur intempestives, palpitations cardiaques… Autant de bizarreries désagréables dont on ne sait s’il faut les imputer à ce bouleversement hormonal ou tout simplement à une phase de stress ou de surmenage au travail… Je crois que l’assurance maladie est dans son rôle avec ces messages. Si on veut passer à la vitesse supérieure en matière de prévention, ils font partie du jeu.