Prothèses :
L'ostéo-intégration ouvre des perspectives
Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1695 - 09/04/2026
Cette technique innovante, qui permet de fixer directement une prothèse externe sur un os, s'annonce comme une alternative intéressante pour les personnes amputées qui tolèrent mal les prothèses à emboîture (douleurs, frottements, plaies...). Le CHU de Nantes s'est engagé sur cette voie, en opérant ainsi 3 patients fin janvier.
Cette technique innovante, qui permet de fixer directement une prothèse externe sur un os, s’annonce comme une alternative intéressante pour les personnes amputées qui tolèrent mal les prothèses à emboîture (douleurs, frottements, plaies…). Le CHU de Nantes s’est engagé sur cette voie, en opérant ainsi 3 patients fin janvier. “L’ostéo-intégration ouvre la voie à une amélioration de la mobilité, de l’autonomie et de la qualité de vie du patient”, explique l’établissement dans un communiqué de presse.
Concrètement, cela consiste à “implanter une tige en métal sur mesure directement dans l’os du moignon, en conservant une ouverture à travers la peau, pour permettre de fixer directement une prothèse externe à l’os”. À Nantes, “la tige est en titane rugueux, ce qui favorise la fusion avec l’os”. Ensuite, “3 semaines de cicatrisation sont nécessaires pour favoriser la fusion entre l’os et l’implant, avant la reprise progressive d’un appui puis de la marche”. Une collaboration étroite entre chirurgiens orthopédistes, médecins de MPR, rééducateurs et orthoprothésistes est indispensable.
Si l’ostéo-intégration est déjà bien connue en odontologie, elle reste peu pratiquée en chirurgie orthopédique. Il faut qu’elle se développe car “en supprimant l’emboîture, cette technique permet (pour ce qui concerne les membres inférieurs) une transmission directe des appuis entre le sol et le squelette. La fixation de la prothèse est plus facile et la stabilité meilleure”.
© D.R.