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Kinésithérapie en danger : les syndicats appellent à manifester le 5 juillet à Paris

Jean-Pierre Gruest
- 12 juin 2018

Depuis plusieurs mois, les kinésithérapeutes se sentent attaqués de toutes parts et lâchés par leurs tutelles (ministère de la Santé, assurance maladie). Instauration de l'accès partiel à la profession sans évaluation des risques encourus par les patients, possibilité pour les éducateurs sportifs de prendre en charge des patients ALD, mise en place du conventionnement sélectif avec l'avenant 5… Dernière affaire en date, qui a mis le feu aux poudres : le nouveau référentiel de formation des chiropracteurs, qui octroie à ces derniers 300 ECTS et un champ de compétence élargi à celui des kinésithérapeutes. La coupe est pleine pour la profession. Trois syndicats (FFMKR, Alizé et SNMKR) font front commun et appellent à manifester devant le ministère de la Santé le 5 juillet. Un communiqué commun devrait prochainement être diffusé afin de mobiliser l'ensemble de la profession, au-delà de leurs adhérents.

La FFMKR invite ses adhérents à interpeller les députés, en particulier ceux qui sont masseurs-kinésithérapeutes (Carole Bureau-Bonnard – et Annaïg Lemeur) pour les sensibiliser à la cause de leur profession. Elle a diffusé début juin un modèle de courrier à leur adresser.

"Une volonté de dérégulation qui ne dit pas son nom"
Pour la FFMKR, "ce dénigrement gouvernemental est contraire à la volonté d'afficher un meilleur accès aux soins aux plus démunis, alors même que les hôpitaux manquent cruellement de masseurs-kinésithérapeutes et se rendent compte que la rééducation propre à la masso-kinésithérapie ne peut être exercée par d'autres professionnels". Elle constate que "les standards de politiques de santé prônés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) font de la kinésithérapie une pratique incontournable pour la population. Pourquoi en serait-il autrement en France ?". De même, elle considère que "la mise en place d'un conventionnement sélectif pour notre profession qui est prescrite n'a aucun sens. Imposer l'installation d'un kinésithérapeute dans une zone sous-dotée n'a de sens que si cette zone est pourvue d'un prescripteur". Pour toutes ces raisons, la Fédération juge "urgent de contrer cette volonté de dérégulation qui ne dit pas son nom, et qui met en place un format d'assurance maladie moins solidaire chaque jour, dans lequel la rentabilité financière prend le pas sur la qualité des soins et la sécurité des patients".

Soutien au mouvement "santé morte" en Martinique
Après Mayotte, c'est en Martinique que la situation sanitaire est critique, avec notamment un CHU en "danger de mort imminente" selon l'Association des maires du département. Pour l'intersyndicale Convergences HP, "le malaise des professionnels de santé est d'autant plus patent qu'ils ne peuvent plus au CHU (…) assurer de manière pérenne la qualité, la sécurité et l'équité dans l'accès aux soins de tous les usagers". Par conséquent, depuis hier et jusqu'à demain, 3 jours de mobilisation, tant des personnels hospitaliers que libéraux, sont prévus en Martinique pour dénoncer l'état de délabrement du système de santé. Un mouvement rejoint par le syndicat FFMKR départemental, appelant à participer aux différentes manifestations prévues. La Fédération (au niveau national) et l'URPS-MK de Martinique lui ont apporté leur soutien.

© Nosyrevy/IStock / Getty Images Plus

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