L’hebdomadaire de la profession
pour les kinésithérapeutes

21es Assises de la kinésithérapie
«En 2024, une santé olympique pour tous, avec les kinésithérapeutes !»

Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1656 - 20/06/2024

Organisées par la FFMKR, les 21es Assises de la kinésithérapie se sont déroulées les 31 mai et 1er juin au Puy-du-Fou, en Vendée. Au programme : des échanges sur le rôle des kinésithérapeutes sur tous les terrains, des premiers jours au grand âge, de la perte d'autonomie au sport de haut niveau. En voici un compte rendu.

Tous les 2 ans, les Assises de la kinésithérapie sont un temps fort pour la profession. “C’est notamment grâce aux fruits des travaux de ces Assises successives que la FFMKR est la première force de proposition de la profession, et certainement la plus engagée dans la transformation de notre système de santé. Elles sont pour la première fois placées sous le haut patronage du ministère de la Santé, signe de l’intérêt que celui-ci porte aux kinésithérapeutes libéraux en général et à notre Fédération en particulier”, a souligné Sébastien Guérard dans son discours inaugural.

Si “les kinésithérapeutes agissent pour tous les usagers, sur tous les terrains, les défis qui nous attendent sont nombreux et immenses. Notre plus grand défi collectif, en ville comme à l’hôpital, sera d’absorber le choc démographique et des maladies chroniques et d’y répondre avec qualité et pertinence, dans un contexte de faible croissance économique. Notre pays aura de plus en plus besoin des kinésithérapeutes. Le nombre des Français âgés de 75 à 85 ans va augmenter de 50 % d’ici à 2030”, a rappelé le président de la FFMKR, évoquant le “mur démographique” vers lequel la France avance à toute vitesse. Pour relever le défi, certaines solutions sont connues : “faire du domicile le premier hôpital de France, revoir les contours des métiers, accepter que chaque professionnel de santé ait des compétences propres et des compétences partagés avec d’autres, valoriser nos spécificités d’exercice”, autant de propositions que la Fédération porte depuis longtemps. “Il faut que les transformations aillent plus vite !” L’heure n’est plus aux corporatismes d’un autre âge. “Les 100 000 kinésithérapeutes, dont le niveau de compétences a été élevé et scientifiquement reconnu, constituent une force considérable pour accompagner les Français à chaque étape de leur vie, mais aussi pour accélérer la mutation de notre système de santé et contribuer à améliorer l’offre de soins. Or sous l’effet du corporatisme médical, la loi Rist de 2023, supposée nous donner l’accès direct, s’est soldée par un enfermement au sein des seules structures et pour seulement 8 séances. Et un an après la promulgation de cette loi, le décret d’application concernant l’expérimentation en CPTS n’est toujours pas publié [1]”, déplore Sébastien Guérard. “Il faut mettre un terme à la sous-utilisation des kinésithérapeutes dans notre système de santé. Face au vieillissement de la population et à l’explosion des maladies chroniques, nous sommes un formidable atout pour la santé publique, à condition de lever ces freins d’un autre temps. C’est pourquoi la FFMKR a saisi dernièrement les parlementaires pour porter une proposition de loi sur le métier de kinésithérapeute [2]. Ce texte permettrait de faire de notre profession une profession médicale à compétences définies, la reconnaissant à travers ses missions et non plus un simple décret d’actes obsolète. Un mot d’ordre : confiance ! Nous voulons aller plus vite pour nos aînés, pour nos patients et nous n’attendrons pas que les choses arrivent d’elles-mêmes”, a-t-il insisté. “Cela commence par nous emparer de tous les dispositifs à notre disposition et nous préparer pour être opérationnels lorsque les mesures que nous appelons de nos vœux comme l’accès direct, la prescription de l’activité physique adaptée, d’antalgiques, d’anti-inflammatoires ou encore la prévention seront déverrouillés.”

Les enjeux de l’offre de soins en kinésithérapie
Une première table ronde a fait dialoguer Sébastien Guérard avec Mickaël Benzaqui, récemment nommé sous-directeur de l’accès aux soins et du premier recours à la DGOS après plusieurs années à la Cnam. Le président de la Fédération a interpelé ce dernier sur “le fort taux de reconversion professionnelle qui frappe les jeunes kinésithérapeutes et n’existait pas il y a 15 ans”, signe que certains sont “dégoûtés du métier” après seulement quelques années d’exercice. “Cette proposition de loi est le seul moyen que nous avons de faire bouger les lignes. Pour fluidifier le parcours patient, favoriser la coordination en Ehpad et ailleurs avec le kinésithérapeute coordonnateur comme clé de voûte, valoriser nos spécificités d’exercice, nous intégrer au dispositif des rendez-vous de prévention aux âges clés de la vie (il est scandaleux que nous ayons été oubliés, quand on connaît le poids social et économique des TMS et des chutes chez les personnes âgées)”, a-t-il énuméré. “Nous voulons exercer la kinésithérapie sans prescription médicale. Nous avons les compétences pour évaluer le patient, poser un bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) et le prendre en charge.”

“Ce qui est intéressant dans votre démarche, c’est la dynamique qui se trouve derrière. Quelle vision du métier portez-vous ? Quelle place pour le kinésithérapeute demain ? C’est cette réflexion qui m’intéresse”, a souligné Mickaël Benzaqui. “Tout le monde demande l’accès direct. Je m’interroge sur la lisibilité du système pour le patient. Actuellement, il ne peut pas comprendre pourquoi il est réservé aux CPTS ni si son kinésithérapeute habituel est membre d’une CPTS. Il faut aller plus loin”, a-t-il reconnu. “Mais vos cabinets ne risquent-ils pas d’être embolisés par des patients qui n’ont rien à y faire ?” “Ils le sont déjà par des patients qui veulent absolument aller au bout des X séances prescrites par le médecin alors que ce n’est pas nécessaire et que ce dernier n’a pas à indiquer un nombre de séances sur son ordonnance”, a répondu Sébastien Guérard. “Ce que nous voulons, c’est pouvoir accueillir le lundi matin des gens qui se sont fait une entorse ou un lumbago durant le week-end, éviter des retards de prise en charge et des pertes de chances pour les patients… ce qui, au passage, entraînera des économies pour l’assurance maladie ! Nous voulons aussi pouvoir prescrire de l’Apa pour qu’un plus grand nombre d’usagers pratiquent une activité physique et pour que les malades chroniques aillent mieux. Pourquoi vouloir à tout prix que l’usager passe chez le médecin ?

On irait plus vite si on pouvait prescrire l’Apa et transmettre le relais une fois la rééducation achevée.”

“Une révolution culturelle doit être opérée en matière de prévention, c’est une certitude. Vous avez vocation à être intégrés aux rendez-vous de prévention aux âges clés de la vie”, a reconnu Mickaël Benzaqui. Pour ce qui est de la prescription d’Apa, “il faut aussi laisser le temps aux médecins de s’approprier cette mesure”, estime-t-il. “Mais ce serait bien d’élargir le mouvement, pour le bien des patients chroniques notamment. Votre proposition est pertinente en termes de santé publique, c’est une certitude. Mais il faut que ce soit soutenable pour le système.” Pour le représentant de la DGOS, une prescription implique un remboursement par la Sécurité sociale, d’où sa frilosité. Mais ce n’est pas forcément vrai !

Est-ce pour des raisons financières que les kinésithérapeutes ont été écartés des rendez-vous de prévention aux âges clés de la vie ? “On n’évoque pas que les TMS lors de ces rendez-vous. On parle aussi de santé mentale, de santé sexuelle… Sauriez-vous le faire ?” “Les infirmiers ou les pharmaciens sont-ils capables d’évaluer des TMS ?”, a rétorqué Sébastien Guérard. “Il y a eu un raté, reconnaissez-le. C’est contradictoire d’afficher votre volonté de mettre le paquet sur la prévention et de vous passer des services de 80 000 kinésithérapeutes libéraux sur le terrain, qui sont prêts à recevoir les usagers.”

La conversation a ensuite été orientée sur le kinésithérapeute coordonnateur, dont la fiche de poste a été définie par la FFMKR début 2023 [3]. “Vous n’avez pas attendu l’administration pour vous coordonner avec d’autres professionnels et c’est très bien. Cela améliore la prise en charge des patients. Mais faut-il vraiment créer un nom et un statut spécifique ?”, s’interroge Mickaël Benzaqui. “Nous voulons accélérer le mouvement en Ehpad et en HAD notamment, pour le bien des patients et résidents, mais aussi des soignants : au passage, on règle l’épidémie de TMS chez ces professionnels, ce qui n’est pas négligeable. C’est une stratégie gagnant-gagnant”, répond Sébastien Guérard. Par ailleurs, “le kinésithérapeute coordonnateur, c’est la garantie que les patients sont correctement évalués à leur entrée en Ehpad ou à leur retour après une hospitalisation, et qu’ils reçoivent les soins nécessaires”.

Enfin, Mickaël Benzaqui a été invité à s’exprimer sur un éventuel passage d’un décret d’actes à un décret de compétences pour la profession. Un changement réclamé d’urgence par le président de la Fédération : “Toutes les professions de santé sont construites à partir d’une dérogation par rapport à l’exercice médical. Aujourd’hui, c’est totalement anachronique et cela pèse lourd sur l’inconscient collectif. Il faut revoir la structure même du code de la santé publique, ainsi que la place du médecin généraliste dans le système de santé, qui est en pleine crise existentielle. Ils sont de moins en moins nombreux, pourtant tous les autres professionnels de santé doivent attendre leur aval pour bouger. C’est absurde !” “Je ne suis pas certain qu’il faille tout casser pour faire évoluer les choses”, a tempéré le représentant de la DGOS, qui a toutefois reconnu que les kinésithérapeutes étaient sous-utilisés.

Enquête
Les kinés et la santé publique

En mai dernier, la FFMKR a mené une enquête sur la place des kinésithérapeutes dans la santé publique. 792 personnes (en majorité des adhérents de la Fédération) y ont répondu en une semaine. Les résultats en ont été présentés par Félix Faber, vice-président en charge de l’exercice. “Les questions portaient sur 2 volets : le ressenti des kinésithérapeutes quant à l’exercice dans le cadre conventionnel, et la diversification des activités”, a-t-il expliqué.

Il leur a d’abord été demandé quel était leur état d’esprit par rapport à leur activité conventionnelle : “La majorité est dans un état d’esprit mitigé et plus d’un tiers ont un ressenti médiocre ou très mauvais”, révèle Félix Faber. Interrogés sur les principales raisons de leur insatisfaction, ils citent en premier (et de loin : 65 %) la dévalorisation financière du métier, puis les contraintes administratives (16 %), l’inquiétude pour l’avenir et le découragement (8 % chacun) et enfin l’absence de considération de la part des tutelles (3 %).

Question suivante : en dehors d’une revalorisation financière, qu’est ce qui pourrait vous permettre d’avoir une meilleure appréciation de votre activité conventionnelle ? 55 % évoquent des simplifications administratives, 17 % une diversification des actes et des pratiques (comme la prévention en milieu scolaire, l’expertise judiciaire ou encore un mandat au sein d’une structure interprofessionnelle coordonnée comme une maison de santé ou une CPTS), 16 % l’obtention de nouvelles responsabilités, 1 % le fait d’être mieux reconnus. Pour 10 % du panel, rien ne pourrait améliorer leur ressenti. 42 % se déclarent “prêts à diversifier et réorganiser leurs activités professionnelles” pour avoir d’autres revenus que ceux du champ conventionnel. Pour 28 %, c’est déjà fait. Chez ceux qui hésitent, les raisons varient : 34 % estiment qu’un trop grand nombre de patients ont besoin de leurs soins, 16 % évoquent leur amour du soin, 15 % le manque de temps pour faire autre chose que du soin, 12 % un manque d’énergie pour se réorganiser et 5 % craignent un risque économique.

Les kinésithérapeutes ont ensuite été interrogés sur ce qui leur fait aimer leur métier et leur pratique. “La relation au patient et au soin est fortement plébiscitée par 53 % des répondants”, souligne Félix Faber.

19 % évoquent leur passion du métier, 8 % le fait d’être indépendant, 5 % le fait d’avoir une spécificité d’exercice.

Les kinésithérapeutes sur tous les terrains, à tous les âges de la vie
Le nageur Pierre Rabine, athlète de l’équipe de France de natation handisport, était le “grand témoin” de la journée. Amputé des 4 membres à 18 ans, après avoir été électrocuté par un arc électrique, il a raconté comment il a réussi à rebondir, en s’appuyant sur une sa volonté de fer. Il a notamment évoqué son travail avec les kinésithérapeutes à différents moments de sa rééducation. “Je me suis senti sur la même longueur d’ondes que ces professionnels, très humains et à mon écoute. Mais ils ne font pas de miracles ! Le patient doit se battre. Ils nous donnent les clés et c’est à nous de travailler”, a-t-il expliqué.

Peut-on faire un parallèle entre la prise en charge d’un sportif de haut niveau et celle d’un patient “normal” ou d’une personne âgée ? Marilyne Berthet, ancienne kinésithérapeute de l’équipe de France d’athlétisme, ne veut pas opposer ces prises en charge. “Il y a certes des différences, notamment l’importance du staff autour de certains athlètes et la disponibilité des ressources : un sportif peut décrocher un rendez-vous avec son médecin ou son kiné dans la journée. Mais il faut aussi une équipe coordonnée autour des patients. La construction d’objectifs communs, avec le patient, est plus facile avec les sportifs. En cabinet, on n’a pas (ou on ne prend pas) toujours le temps. La principale différence c’est qu’avec les sportifs de haut niveau, le kinésithérapeute a l’accès direct. Souvent, le médecin intervient dans un deuxième temps. Autre différence significative : on fait beaucoup de prévention avec les sportifs de haut niveau, tout au long de l’année”, a-t-elle expliqué.

Marine Brika, doctorante et enseignante en IFMK, spécialiste du grand âge, est intervenue tout de suite après elle. “Puisqu’on ne peut pas éviter le vieillissement, il faut prévenir l’apparition des fragilités. Le meilleur moyen, c’est l’activité physique, qui a des effets protecteurs sur le physique mais aussi le mental et le cerveau. Il ne faut pas hésiter à varier les plaisirs et à ‘charger les vieux’, à les faire pédaler à haute intensité par exemple. La remise en activité physique fait partie du bien-vieillir”, a-t-elle insisté, invitant ses confrères exerçant en Ehpad à “faire régulièrement des bilans avec les résidents et ne pas attendre pour les mettre en mouvement”. Il faudrait également, selon elle, “que les kinésithérapeutes puissent intervenir tout de suite après une chute car les résidents se dégradent très vite. Or en pratique, on attend souvent 5 ou 6 jours la prescription médicale”.

Complexe, “la prise en soin du patient fragile mériterait d’être reconnue comme une spécificité d’exercice”. Marine Brika est par ailleurs convaincue que “l’accès direct au kinésithérapeute devrait être donné aux personnes âgées : ce sont elles qui encombrent le plus les urgences parce qu’elles ne savent pas où aller”. “Il faut savoir vivre avec son temps ! Je comprends les paramédicaux”, a estimé le DR Patrick Gasser, président d’Avenir Spé. “Au lieu de chercher à nous imposer des choses, le ministère devrait nous laisser nous organiser ensemble, nous coordonner pour favoriser un accès à des soins de qualité, pertinents et efficients pour les patients.”

Cette table ronde a permis d’évoquer aussi la prescription d’Apa : “Il faut que nous puissions effectuer cette prescription si nous voulons inciter largement les gens à bouger. Ce papier joue un rôle important. Pour l’usager, c’est un gage de sérieux : si le kiné me l’a prescrit, c’est que c’est important. On n’imagine pas un médecin suggérer à son patient d’aller à la pharmacie sans ordonnance !”, estime Rémy Rivier, secrétaire général de la FFMKR.

De la perte d’autonomie au sport de haut niveau, des premiers jours aux derniers,
les kinésithérapeutes sont présents sur tous les terrains, à tous les âges de la vie.

Des moyens pour développer l’Apa sur tout le territoire
La FFMKR est très engagée dans le développement et la promotion de la pratique physique et l’Apa sur tout le territoire. Elle a d’ailleurs mis au point un Bilan Sport & Santé à faire chez le kinésithérapeute, dans le cadre d’un “rendez-vous préventif d’aptitude physique e commencement ou en reprise d’activité physique”. Il s’adresse aux patients ou usagers qui souhaitent démarrer ou reprendre une activité physique ou se lancer un défi sportif (lire Ka n°1655 p. 31-32). Il existe en 2 versions, une pour les adultes et une pour les enfants et adolescents.

“Pierre Rabine nous a expliqué que le kinésithérapeute était comme un guide qui montre la voie à suivre et apprend au patient à utiliser des outils pour gérer sa douleur, s’épanouir, être autonome… Ce serait encore mieux s’il pouvait prescrire de l’Apa. Cela permettrait de matérialiser l’engagement du patient à adopter de nouveaux comportements”, a expliqué Stéphane Beulay, premier vice-président de la FFMKR, qui argumente : “Nous avons toutes les compétences pour le faire. Nous savons faire des bilans. Nous sommes les mieux placés pour évaluer les capacités fonctionnelles des patients.” Les kinésithérapeutes doivent s’emparer de l’Apa, qui s’articule de façon très cohérente avec leur activité de soin : “Inciter nos patients à pratiquer une l’activité physique ou de l’Apa peut notamment contribuer à les rendre plus autonomes et à réduire les files actives dans nos cabinets. C’est aussi une manière de jouer notre rôle en matière de santé publique”, souligne-t-il.

Synthèse
Un mot clé : confiance

Dans sa synthèse des Assises, Sébastien Guérard a évoqué un mot clé : “la confiance. Celle que nous réclamons et celle dont nous devons être dignes si on nous accorde de nouvelles missions”. Le problème, “c’est qu’on nous oublie trop souvent ou qu’on nous oppose des freins économiques. Mais aujourd’hui, le système est devenu illisible pour les patients et pour les professionnels de santé. Il faut tout remettre à plat”, insiste-t-il. Difficile à faire, quand on en est au 6e ministre de la Santé en 2 ans. “Qui est prêt à retourner la table ? Pas grand-monde. Mais c’est ce qu’il faut faire, alors la Fédération va continuer à porter ce message.”

S’il existe un “consensus global sur la nécessité d’aller vers plus d’expertise”, il faut que les kinésithérapeutes “sachent se rendre indispensables et le fassent savoir : traçons nos actes, communiquons et coopérons avec les autres professions de santé”.

La profession doit aussi s’emparer de l’activité physique adaptée : “La plupart des gens n’ont aucune culture en la matière, nous sommes les mieux placés pour intervenir. La question, c’est comment financer l’Apa ? Je pense que nous devons y aller à fond et travailler avec le gouvernement, avec les maisons sport santé, etc. sinon d’autres investiront ce champ à notre place.”

Le président de la FFMKR a ensuite évoqué “le scandale de la prévention : c’est bien beau de l’afficher sur la façade du ministère. Ça ne sert à rien si on n’y consacre aucun moyen !

En attendant, on fait courir de gros risques à la population et à terme, cela nous coûtera plus cher que si on avait investi dans la prévention.

Il est temps que cela change !”.

Tous ces changements impliquent de “repenser l’organisation du travail des kinésithérapeutes pour qu’ils puissent faire d’autre choses (prévention, sport santé, Apa…) que du soin dans le cadre conventionnel”, sans pour autant abandonner celui-ci. “La Fédération est là pour vous accompagner dans ces changements”, a affirmé Sébastien Guérard. Ce fut d’ailleurs l’objet de plusieurs ateliers lors des Assises, visant à donner des clés aux kinésithérapeutes pour savoir comment s’y prendre s’ils souhaitent se lancer dans la prévention en milieu scolaire, la prévention au travail, dans le sport santé ou encore dans le programme Icope pour leurs patients âgés.

“L’activité physique et l’Apa devraient être le principal souci de nos politiques ! Tout ce qui peut contribuer à la prévention des maladies chroniques répond à un besoin de santé publique et doit être priorisé, afin d’éviter plus tard d’importantes dépenses de Sécurité sociale. Or ce n’est pas le cas”, a déploré Jean-Carles Grelier, député de la Sarthe, pour qui “l’Apa est aux confins de la prévention, du sport santé et de la rééducation. On est au cœur de votre métier, cela ne fait aucun doute. Il faut repenser notre système de santé différemment. Aujourd’hui, tout part des CHU et du ministère de la Santé. L’État dit : voilà l’offre de soins, débrouillez-vous avec ça ! On doit faire l’inverse et partir des besoins de soins de la population d’un territoire donné ! Et on a besoin de tous les professionnels de santé du territoire parce qu’il n’y a plus assez de médecins. Il ne s’agit pas de contourner ces derniers”, a argumenté le député, mais d’inventer de nouvelles manières de travailler avec eux. “Laissons-leur le monopole du diagnostic médical mais imposons-leur de partager tout le reste ! Cela correspond à une demande de la population. Et la France peut compter sur des paramédicaux très bien formés.” À bon entendeur…

[1] Mickaël Benzaqui a annoncé que sa publication était imminente.
[2] Lire Ka n°1655 p. 10.
[3] Lire “Qu’est-ce qu’un kiné co ?” sur www.fkcoor.org

© D.R.

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