Cancer de la prostate : une nouvelle approche mini-invasive pourrait changer la donne
Sophie CONRARD
- 6 mars 2026
Après 10 ans de recherche, le traitement du cancer localisé de la prostate par ultrasons focalisés est désormais pris en charge par l'assurance maladie. Les résultats fonctionnels sont meilleurs que ceux de la chirurgie. 30 % des patients seraient éligibles.
Cette approche mini-invasive a été validée grâce à une étude sur 3 300 patients, suivis dans 46 centres entre 2015 et 2022. Elle a montré que les résultats oncologiques et fonctionnels de ce traitement du cancer de la prostate n'étaient pas moins bons que ceux d'une prostatectomie totale. Le profil de sécurité est meilleur et surtout, la continence urinaire et la fonction sexuelle sont mieux préservées. Les ondes acoustiques concentrées détruisent le tissu prostatique de façon très localisée, avec une précision millimétrique, grâce à une reproduction en 3D de l'organe. Celui-ci est ainsi préservé au maximum.
"Cette stratégie répond à un besoin de désescalade thérapeutique" pour les cancers de grade 1 et 2, estime le Pr Pascal Rischmann, chirurgien urologue et ancien président de l'Association française d'urologie (Afu) et de l'Académie nationale de chirurgie, interrogé par l'agence Hospimedia. Entre un traitement conservateur et une chirurgie, le traitement par ultrasons apparaît comme une solution intermédiaire adaptée.
Il présente aussi l'avantage économique d'être effectué en ambulatoire. L'intervention dure 30 à 90 minutes.
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Chaque année en France, près de 60 000 hommes sont diagnostiqués avec un cancer de la prostate, soit 1 homme sur 6 après 60 ans. C’est la 3e cause de mortalité par cancer chez l’homme. |
La technologie utilisée a été développée par la société française Edap TMS, en lien avec les Hospices civils de Lyon et l'Inserm.