SPS dresse le bilan 2025 de son dispositif d'accompagnement psychologique : hausse du nombre d'appels chez les soignants et les étudiants
Sophie CONRARD
- 16 avril 2026
La dynamique est à la hausse, avec + 13,1 % des demandes émanant des soignants et + 51,2 % des demandes de la part des étudiants en santé.
Les besoins d'accompagnement psychologique s'intensifient, chez les professionnels de santé en exercice comme chez les étudiants. En 2025, la plateforme mise en place par l'institut SPS a reçu plus de 5 500 appels, soit 15 sollicitations par jour en moyenne. Deux tiers des appels provenaient de soignants, un tiers d'étudiants, "ce qui est révélateur de difficultés apparaissant très tôt dans les parcours de formation", souligne Catherine Cornibert, directrice générale de l'institut.
Ce dispositif d'accompagnement, joignable par le biais du Numéro Vert 0 805 23 23 36 ou de l'application "Asso SPS", est gratuit et accessible 24h sur 24, 7 jours sur 7. 100 % des appels sont décrochés, grâce à une équipe de 120 psychologues cliniciens formés aux risques psychosociaux.
En 2025, plus de 90 % des appels ont duré plus d'une minute. Le temps d'échange moyen était de 26 minutes. 7 % des demandes ont dépassé 1h d'échange. Un quart des appels ont été passés la nuit et 11 % le dimanche, ce qui montre l'importance que la plateforme soit disponible en permanence, et pas seulement aux heures ouvrables en semaine.
78 % des appelants étaient des femmes, le plus souvent salariées (81 %). "Nous avons observé un basculement marqué vers le secteur médical, qui a représenté 48 % des appels, loin devant le paramédical (28 %). C'est une évolution notable par rapport à 2024, où le paramédical dominait largement", observe Catherine Cornibert. Sur le fond, "davantage d'appels étaient en lien avec la dépression et l'épuisement", souligne-t-elle. "Ces situations donnent lieu à une proposition systématique de réorientation vers un psychologue et un médecin généraliste. Les situations plus graves (épuisement professionnel + ou – addiction, idéations suicidaires + ou – addiction, idéations suicidaires inquiétantes) sont réorientées vers un médecin généraliste et un psychiatre."
Plus précisément, 30 % des appelants sont orientés vers en psychologue en face à face, 9 % vers un médecin, 4 % un psychiatre, 9 % vers un service ou organisme en lien avec le travail (ressources humaines, manager, médecine du travail, instances représentatives du personnel…). "Selon les situations, d'autres relais peuvent être mobilisés, notamment les équipes pédagogiques, le professeur principal ou le directeur, le service social des universités ou encore le Fil Santé Jeunes pour ce qui concerne les étudiants ; des assistantes sociales, des associations d'aides aux victimes, le réseau Souffrance et Travail, ou encore l'association Mots/Prendre soin des soignants pour les professionnels en exercice."
Par ailleurs, "notre cellule de crise suicidaire a assuré 30 prises en charge d'urgence en 2025, avec un taux de réponse de 100 % et un délai moyen d'intervention de 2h", précise Catherine Cornibert. Ce niveau de réactivité souligne la capacité du dispositif mis en place par l'institut SPS à répondre rapidement aux situations les plus graves.
Depuis son lancement, la plateforme SPS a traité près de 40 500 appels. "Pour amplifier nos capacités d'accompagnement, notamment auprès des étudiants en santé, nous avons besoin d'alliances renforcées", explique la directrice de l'institut, qui est à la recherche de mécènes et partenaires financiers.