L’hebdomadaire de la profession
pour les kinésithérapeutes

Jour de colère

Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1376 - 09/10/2014

Vous serez sans doute heureux d’apprendre qu’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, est dans votre camp. Qu’il considère comme “tout à fait légitime” votre mobilisation massive, le 30 septembre, contre le projet de déréglementation des professions libérales sur lequel il est chargé de plancher. Qu’il s’est totalement désolidarisé de son prédécesseur, Arnaud Montebourg, qui avait lancé cette réforme avec tambours et trompettes en juillet. Il s’agit “d’idées préconçues” et “d’un projet qui n’est pas le sien”, a-t-il déclaré. Ne sont prévus que de “petits déblocages”, qui ne “reviendront en aucun cas sur quelque sécurité juridique ou sur quelque sécurité sanitaire que ce soit. En aucun cas sur l’équilibre des territoires non plus”. Alors, rassurés ?

Cette “journée sans libéraux” initiée par l’Union nationale des professions libérales (Unapl) a rencontré un succès inespéré. Pharmaciens, médecins, kinésithérapeutes, avocats, notaires, agents immobiliers, etc. ont été nombreux à garder portes closes le 30 septembre et, dans plusieurs villes de France, à se rassembler pour marquer le coup. Résultat : pour la première fois depuis longtemps, j’ai entendu parler de toutes ces professions – y compris la vôtre – sur les chaînes de radio et de télévision grand public.

La dernière fois que vous êtes descendus dans la rue, c’était en mars, pour manifester contre le Clesi, cette structure privée qui dispense des formations en santé à Toulon et Béziers sans se soucier des usages en la matière – numerus clausus, etc. L’école n’a toujours pas renoué de convention avec une université, comme cela lui est imposé par la loi Fioraso du 22 juillet 2013, et surtout, elle vient être condamnée à la fermeture par le tribunal de grande instance de Toulon. Mais le bras de fer risque de se prolonger. Avocat de formation, le directeur du Clesi n’a pas dit son dernier mot. Aux dernières nouvelles, il envisageait de porter plainte contre la France pour “entrave au droit communautaire”. Quant aux étudiants, ils font probablement le dos rond en espérant que l’orage passe…

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