L’hebdomadaire de la profession
pour les kinésithérapeutes

La profession (se) bouge

Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1381 - 13/11/2014

On peut dire que la mobilisation du 5 novembre fut un succès. À l’appel de leur fédération, la Fnek, les étudiants en kinésithérapie sont venus nombreux (5 000 selon les organisateurs, plus de 2 000 selon la police… sachant qu’il y a environ 6 000 étudiants en  kinésithérapie en France) battre le pavé parisien pour faire entendre leur colère, soutenus par quelques dizaines de confrères en exercice. Marre d’attendre depuis plus de sept ans l’issue de la réingénierie du diplôme, marre d’expliquer aux conseillers techniques des ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur que leurs pratiques ont évolué et nécessitent une adaptation du cursus de formation. Que celui-ci est par ailleurs surchargé, qu’ils se sentent à la traîne par rapport à leurs confrères étrangers qui font cinq ans d’études depuis longtemps…

L’avenir dira si leurs revendications ont été entendues. Un nouvel “arbitrage ministériel” (Marisol Touraine va prendre une décision concernant la réingénierie du diplôme) est dans l’air depuis septembre, la manifestation l’a réinscrit à l’ordre du jour et il devrait être rendu  très rapidement. Certains étudiants ont immédiatement crié victoire. Plus prudents, les élus syndicaux présents dans le cortège le 5 novembre préfèrent ne pas se réjouir trop tôt. Comme Saint Thomas, ils attendent de voir si le projet qui leur sera finalement proposé correspond vraiment à leurs attentes.

“Le monde bouge, pas la France”,écrit l’économiste Jean de Kervasdoué dans son dernier ouvrage, qui passe au crible les revenus des professionnels de santé (lire notre dossier p. 16 à 19). Il y évoque longuement et en détails la question des délégations de tâches et des transferts de compétences, s’appuyant sur des exemples étrangers, et démontre que cela ne coûterait pas plus cher à la Sécurité sociale si la France allait plus loin dans ce sens, au contraire. Les pratiques, les modes d’exercice, les compétences de chacun évoluent, c’est un fait. Il va bien falloir que la formation suive !

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