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pour les kinésithérapeutes

À l'occasion de "Roz Cancer", la Polynésie mobilisée

Une partie de l'équipe de la commune de Uturoa. En bas à droite, Mariana Miron.

Mariana Miron
- 9 mars 2018

À l'occasion d'Octobre rose, Mariana Miron, kinésithérapeute en Polynésie française, sur l'île de Raiatea, a organisé 4 jours d'actions caritatives pour soutenir les patientes atteintes de cancers. L'une des principales difficultés est qu'ils doivent souvent partir en métropole, en Nouvelle-Calédonie ou en Nouvelle-Zélande pour se faire soigner, ce qui demande une logistique particulière.

Raiatea est une petite île, mais dotée d'un pouvoir extraordinaire lorsqu'il s'agit de se mobiliser pour une bonne cause. Les premières qui m'ont pousser à faire quelque chose à l'occasion d'Octobre rose, ce sont mes propres patientes. La Maire de la commune de Uturoa, où j'exerce, m'a donné tout de suite son accord et son soutien total. Elle a mis à notre disposition les équipes des services technique, administratif et financier. À partir de là, la magie a opéré !

Réunion de préparation avec les présidents de club, les professeurs, des bénévoles...

J'ai été aiguillée vers l'association "A Tauturu Ia Na" ("Aidez-les" en français) qui aide les patients polynésiens dans leur démarches administratives lorsqu'ils ont besoin de partir pour la métropole (ou en Nouvelle-Calédonie ou en Nouvelle-Zélande) pour raisons de santé. Il arrive que certains parlent mal le français. Si besoin, elle les aide aussi à trouver de quoi financer certaines choses dont ils ont besoin sur place : une carte de téléphone par exemple. Le président a décidé non seulement de nous soutenir, mais aussi de parrainer le projet en prenant en charge l'assurance et quelques dépenses incontournables ! Et il nous a honoré de sa présence durant toutes ces journées d'action.

Des actions sportives, un spectacle…

En parallèle, je suis entrée en contact avec des clubs sportifs, car pour moi la pratique d'une activité physique adaptée est essentielle dans la lutte contre le cancer et la prévention d'une récidive. J'ai reçu l'appui de plusieurs écoles de danse, d'associations culturelles, et même de plusieurs artistes : chanteurs, tatoueur et peintre.

Le projet incluait 2 journées complètes d'activités sportives : tennis, cyclisme, vaa (pirogue), paddel, taekwondo, basket, natation, zumba, tabata et stretching. J'ai pu compter sur le soutien plein et entier des présidents de clubs et des sportifs adhérents, qui ont organisé des activités et mis leurs équipes à notre disposition pour ce projet.

Nous avons aussi donné un spectacle. Pour cet événement, c'est le lycée professionnel de Uturoa qui s'est mobilisé et m'a présenté des élèves formidables. Ils ont mis en scène une pièce de théâtre que j'ai écrite moi-même, en me basant sur les expériences de mes patientes. C'était une comédie, qui présentait en douceur le drame d'une jeune femme qui apprend qu'elle a un cancer du sein. Entre chaque scène, il y avait de la danse tahitienne, du modern jazz et de la musique.

L'équipe partage un repas avant le spectacle.

Le quatrième jour, j'ai présenté un petit PowerPoint sur le cancer du sein, avec des recommandations en matière d'alimentation et d'activité physique. Pour le contenu, je me suis basée sur des documents de la Fondation Arc, de l'INCa et de l'AKTL.

Le soutien sans faille de tous les acteurs locaux

Je veux souligner ici le rôle crucial de tous les volontaires qui nous ont donné des fruits et des légumes dont nous nous sommes servis pour préparer des plats que nous avons ensuite vendus pour récolter de l'argent, mais aussi ceux qui nous ont aidés en nous procurant du matériel, des fleurs, etc. et tous ceux qui ont été présents à nos côtés, disponibles pour répondre au moindre de nos besoins.

Nous avons bénéficié d'une publicité très importante grâce au soutien d'une radio et d'une chaîne de télévision locales, et de nombreux administrateurs de pages sur Facebook ou sur d'autres réseaux sociaux.

Les sponsors n'ont pas manqué à l'appel : des instituts de bien-être et de beauté, des restaurants, des hôtels de luxe, des boutique de bijoux, des pêcheurs, un salon de tatouage et différent types de magasins nous ont soutenu. Grâce à eux, nous avons vraiment pu régaler les participants à ce projet.

Mariana Miron et son mari: "mon mur, mon soutien, mon oxygène", dit-elle.

Un succès qui va perdurer

Grâce à tout cela, ce fut un succès. Surtout après coup. Avec l'argent récolté, nous avons commencé à aider des femmes en difficulté en leur procurant des manchons sur mesure ou spécifiques, qui doivent venir de France et qui coûtent cher. Avec un instructeur de yoga bénévole, les victimes de tous les âges et de tous types de cancers peuvent maintenant profiter des séances gratuites de yoga adapté à eux. Nous avons aussi le soutien d'une sophrologue qui propose des séances de relaxation gratuites pour les patients qui se sentent angoissés par leur maladie. 

Et les bonnes surprises continuent ! Ici à Uturoa, ils vont réouvrir la section d'oncologie qui avait été fermée en 2013 par manque de personnel qualifié ! Alors je pense que les différentes actions menées à l'occasion de ce projet vont perdurer.

Je n'ai pas les mots pour remercier tous ceux qui se sont impliqués. J'ai l'impression d'avoir vécu un rêve, et je ne suis pas la seule ! J'ai la chance d'avoir autour de moi la meilleure équipe pour le réaliser ce rêve. Maururu Rora ("merci beaucoup") à eux !

Photos @Roz Cancer

 

Revivez l'événement :

Reportages de la télévision locale :

Vidéo 1 à 13'40

Vidéo 2 à 3'35

Vidéo 3 à 33'20

Vidéos sur les réseaux sociaux :

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