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William Gardey veut contraindre la médecine de ville à s'organiser mieux

William Gardey, président du conseil de la Cnam. ©DR

Sophie Conrard
- 23 novembre 2018

Il faut "imposer des obligations" à la médecine de ville, en particulier pour désengorger les urgences hospitalières, a déclaré hier William Gardey, président du conseil de la Cnam, lors des Journées nationales du Syncass-CFDT.

"Il faut arrêter de demander à la ville si elle est prête à s'organiser. Il faut des obligations", a lancé William Gardey à l'assemblée. Il était invité à s'exprimer sur le thème des urgences, le plan "Ma Santé 2022" et "l'organisation des territoires, la structuration de la ville à travers les CPTS".

"La ville doit s'organiser pour pouvoir assurer un service de consultations de 7 h à 22 h", a-t-il avancé, estimant qu'une telle mesure "désengorgerait largement une partie des urgences". "On a mis et on met de l'argent sur la table" pour cela, a-t-il rappelé, soulignant que "les ARS financent la permanence des soins de ville". Il est selon lui nécessaire que des médecins libéraux soient disponibles pour "récupérer immédiatement les patients qui ne relèvent pas des urgences hospitalières" et il aimerait que cela constitue "une obligation à mettre dans les CPTS".

Emmanuel Macron s'était lui-même exprimé en faveur d'une prise en charge accrue des soins non programmés en ville par les cabinets de médecins libéraux, si possible jusqu'à 22 h, avait-il déclaré le 18 septembre lors de la présentation en grande pompe du plan "Ma Santé 2022".

La Cnam attend un retour sur investissement

William Gardey a toutefois reconnu qu'il y aurait "un creux" du nombre de médecins libéraux "jusqu'en 2025". Mais il est nécessaire "d'assurer aux patients qui sont dans une CPTS l'accès à un médecin qui ne sera pas forcément leur médecin traitant", ainsi qu'un "parcours de soins pour laquelle la porte d'entrée n'est pas forcément non plus le médecin traitant".

Il a regretté que dans tous les plans santé depuis les années 1990, "on n'a jamais eu une réelle volonté politique d'organiser la ville. À chaque fois, on a transmis à l'hôpital des fonctions pour lesquelles il n'était pas essentiellement fait. Je pense à toutes ces urgences de bobologie, car on a considéré comme facultative la permanence des soins en ville, et on a désorganisé la ville", a-t-il déploré. "Des parcours coordonnés existent en ville, mais ils ne sont pas formalisés." Le président de la Cnam s'est par ailleurs montré très critique sur le développement des maisons de santé, estimant qu'elles pâtissent de problèmes de démographie médicale et enregistrent une activité très limitée.

"Quand la ville sera organisée, on pourra parler de liens ville-hôpital et de réels parcours patients. (…) La dernière convention médicale passée avec les médecins de ville coûte chaque année plus d'un milliard d'euros… On n'a pas eu le retour qu'on pouvait attendre sur la coordination", a-t-il asséné.

(avec APM)

Le Syncass-CFDT

Constitué en 1993, le syndicat national des directeurs, cadres, médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens des établissements sanitaires et sociaux publics et privés (Syncass-CFDT) regroupe des directeurs et des cadres de la fonction publique hospitalière.

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