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Au congrès Fragilités, le rôle stratégique du kinésithérapeute coordonnateur mis en lumière

De gauche à droite : Mathilde Rousseau, Sophie Schreck et Damien Olivon.

Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1702 - 16/07/2026

Plus de 400 personnes ont participé au dernier Congrès Fragilités, les 16 et 17 juin à Toulouse. Médecins, infirmières coordinatrices, orthophonistes, animatrices en Ehpad, kinésithérapeutes… Parmi ces derniers, 3 ont animé le mardi après-midi un atelier intitulé “Soins, rééducation et prévention : la place stratégique du kinésithérapeute coordonnateur” : Damien Olivon, président de la FKCoor (Fédération des kinésithérapeutes coordonnateurs), Mathilde Rousseau, animatrice Icope à Paris, et Sophie Schreck, référente parcours de soins et présidente de la CPTS de l’Hautil dans le Val d’Oise.

Les kinésithérapeutes en tête sur Icope monitor
Si l’Occitanie a été précurseure sur le déploiement d’Icope, d’autres régions souhaitent monter en puissance, comme ces 2 kinésithérapeutes parisiennes qui souhaitent créer une dynamique autour de ce programme déployé en France depuis 2022. Icope (pour Integrated Care for Older People ou soins intégrés pour les personnes âgées) est un programme de prévention de la dépendance élaboré par l’organisation mondiale de la Santé (OMS). Il compte 5 étapes (un repérage, une évaluation approfondie, un plan de soins personnalisés, un suivi du parcours de soins et enfin l’implication des collectivités et le soutien aux aidants) et a pour objectif de diminuer de 15 millions le nombre de sujets dépendants dans le monde d’ici 2025, soit 150 000 sujets en France. “Il faut savoir que les kinésithérapeutes sont la 2E profession la plus nombreuse à utiliser l’application Icope Monitor, derrière les infirmières. Cela montre notre rôle central dans la coordination des parcours de maintien de l’autonomie des personnes âgées”, souligne Damien Olivon.

L’importance de coordonner le parcours de rééducation
Lors de cet atelier, il a présenté la coordination des parcours de rééducation en hospitalisation à domicile (HAD) et en Ehpad par le kinésithérapeute coordonnateur. “Son rôle est de maintenir et améliorer les capacités fonctionnelles des seniors, et de réduire d’autant la pénibilité et la charge de travail des aidants naturels et professionnels : familles, aides-soignantes, infirmières, etc.”, explique-t-il. “Il coordonne les parcours de rééducation et l’intervention des rééducateurs (kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, psychomotriciens) et réadaptateurs (ergothérapeutes). Il contribue à identifier clairement le parcours de rééducation qui a tendance à être noyé dans le parcours de soins d’un senior”, estime-t-il.

Dans la salle, il y avait évidemment des kinésithérapeutes, mais pas seulement. De nombreux médecins, infirmières coordinatrices, sages-femmes, etc. (une quarantaine de participants en tout) ont pu découvrir le métier de kinésithérapeute coordonnateur grâce à cet atelier. “Pour ce congrès, il portait sur la gériatrie, mais ce n’est pas le seul domaine d’intervention du kinésithérapeute coordonnateur, qui peut aussi intervenir en HAD, en maison d’accueil spécialisée… Mais c’est en gériatrie qu’il y a les plus grands enjeux de santé publique, qui nécessitent l’expertise du kinésithérapeute coordonnateur dans le domaine de la fragilité et du maintien de l’autonomie”, affirme Damien Olivon.

Retours d’expérience
Mathilde Rousseau a “présenté le parcours de kinésithérapeute de terrain pour déployer Icope dans une CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé). Lorsqu’on identifie un patient susceptible d’entrer dans ce programme, grâce au dépistage réalisé, on lui propose une action de prévention, puis le processus se développe”. Précisons que si elle est aujourd’hui parisienne, elle a contribué à mettre en place le programme Icope avec la CPTS Regards, en 2023, alors qu’elle exerçait à Nîmes (Gard). Elle faisait partie d’un groupe de travail pluriprofessionnel sur le maintien de l’autonomie et était animatrice Icope avec une infirmière de la CPTS. “L’animation a été financée par l’Agence régionale de santé (ARS), à titre d’expérimentation”, précise-t-elle.

Sophie Screck a quant à elle présenté le parcours déployé dans sa CPTS, qui court de l’étape 1 à l’étape 4 d’Icope.

À ce congrès, la FKCoor partageait un stand avec l’IHU Healthage, Institut de recherche translationnelle en Géroscience pour favoriser un vieillissement en bonne santé, basé à Toulouse, fondé et présidé par le Pr Bruno Vellas. “Cette journée pluriprofessionnelle était très riche en échanges, en partage d’expériences et en dynamiques innovantes autour du vieillissement”, retient Mathilde Rousseau.

© D.R.

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